Qu’est-ce qu’une transition de vie ?

Nous vivons tous des transitions au cours de notre vie : quitter le domicile des parents, rentrer dans la vie active, s’installer avec quelqu’un, devenir parent, démissionner, se séparer, déménager, partir à la retraire ou encore changer de métier. Les transitions sont des périodes qui nous demandent, plus ou moins consciemment, de réévaluer notre rapport au monde.  Elles génèrent ainsi des transformations de soi importantes mais aussi des changements dans l’environnement qui nous entoure. Ce sont des périodes d’« entre-deux », des moments de passages entre deux situations de vie plus stables.

Certaines fois, elles sont complètement choisies et désirées (partir vivre ailleurs, décidé d’avoir un enfant, se marier, etc.) et par , d’autres fois, elles s’imposent à nous (suppression de poste, séparation, enfant non désiré, perte d’un proche, burn-out, etc.). Elles peuvent tant engendrer des changements et émotions agréables comme des situations émotionnellement pénibles.

Lors d’une transition, même si celle-ci est attendue et positive, le changement qu’elle engendre est fréquemment associé à du stress et des peurs. Il arrive ainsi assez souvent que nos émotions soient mise à rude épreuve.

Pourquoi notre équilibre psychologique est impacté lors des transitions ?

Lors d’une transition, subie comme choisie, nous nous désengageons de certaines sphères de vie pour nous nous réengager dans de nouvelles situations dont certains éléments sont parfois inconnus. Il n’est pas rare d’ailleurs que ces périodes s’accompagnent de processus de deuils plus ou moins forts. Notre équilibre psychologique est alors impacté par cette perte de repères et les changements rencontrés.

L’ensemble de ces modifications nous plonge alors dans un véritable tourbillon émotionnel : peur, doute, colère, angoisse, nostalgie, isolement, tristesse, excitation, surprise, joie, etc. Toutes ces émotions peuvent nous challenger, nous motiver comme nous mettre à l’épreuve, nous fatiguer, et dans certains cas plus difficiles, être à l’origine d’un stress chronique, de troubles anxieux ou encore de dépression.

Les types de transitions : une histoire d’émotions

C’est humain : les transitions de vie font peur. Pourquoi ? Car les changements nous insécurisent. Ils incluent une part d’inconnu et font voler en éclat nos repères. Dans le changement il y a aussi toujours certains facteurs que l’on ne peut pas contrôler et c’est ce manque de contrôle qui est souvent à l’origine de nos peurs. Mais ne culpabilisez pas ! Les transitions nous sont inconfortables émotionnellement et c’est complètement normal :  pour être serein notre cerveau et notre système nerveux ont besoin d’habitudes et de repères.

Certaines transitions sont cycliques et sont directement liés à notre avancée dans l’âge et aux cycles de vie par lesquels nous passons : devenir adolescent, jeune adulte, devenir parent puis grand parents. Même si nous y sommes davantage « préparés », certains passage d’un cycle de vie à un autre nous secoue et peuvent être accompagnés d’une crise identitaire : la fameuse « crise de l’adolescence » ou « la crise de la quarantaine ». Si ces deux crises identitaires sont souvent mis en lumière on oublie souvent qu’il en existe bien d’autres. Par exemple devenir parent est une vraie « crise » en soi : modifications de nos rôles, de nos responsabilités, nouveau lien affectif qui se créé, nouvelles émotions à gérer, nouvelle organisation de vie. Notre équilibre se voit complètement modifier. Cependant comme le mot « crise » est très souvent associé à des peurs et des émotions négatives, le sens commun ne qualifie pas les « belles » transitions (accueillir un enfant, donner la vie, se marier, etc.) de crise. La conséquence : comme on sous-estime la part émotionnelle de ces passages de vie, on se retrouve encore moins bien préparés à tout ces bouleversements. 

En réalité une « crise » signifie simplement une période marquée par une rupture avec notre équilibre précédent à l’origine d’émotions intenses qui nous trouble. Lorsqu’on apprend à identifier les moments de crise, on est plus à même de se préparer et de s’apaiser. Les transitions sont des périodes de profonds changements identitaires, de remise en question de soi, de nos besoins, de nos envies et s’accompagnent également de modifications physiologiques. 

D’autres transitions peuvent être déclenchées par des événements de vie : perdre son travail, changer de métier, rencontrer ou quitter quelqu’un, tomber malade, s’expatrier à l’étranger, être face à une opportunité, éprouver un sentiment de perte de sens ou encore vivre un burn-out. Il existe une multitude de type de transition de vie. Ce qui est certain, c’est que chaque transition impacte avec plus ou moins d’intensité notre équilibre psychologique et l’équilibre de nos sphères de vie : personnelle, familiale et professionnelle. Si elles sont souvent perçues souvent négativement, il faut rappeler que les transitions sont aussi des opportunités pour nous réinventer, installer des nouvelles habitudes émotionnelles qui nous font du bien et (re)donner du sens à sa vie.

Mieux vivre une transition : 4 clés pour s’apaiser

Il est possible de mieux vivre sa transition et d’apprendre à apaiser ses émotions afin de gagner en clarté.  Voici 4 clés pour gagner un peu en sérénité au cours de ces périodes chargées :

1) Observer ses pensées sur l’avenir et s’auto-rassurer : est-ce que j’ai tendance à projet des peurs inexistantes ou plutôt de la confiance sur ce qui est à venir, sur l’inconnu ? Travailler sur la confiance, pas seulement en soi, mais aussi celles qu’on projette sur l’avenir et ses projets est essentielle. Renforcer vos sentiment de confiance et de sécurité plutôt que de projeter des peurs sur ce qui n’est pas encore arriver vous permettra de trouver plus de sens dans votre transition. Comment ? Visualisez-vous serein, en sécurité et confiant dès qu’une pensée envahissante arrive. Pourquoi ? le cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est réel et pas encore arrivé : en cultivant la confiance vos actions iront davantage dans ce sens.

2) Trouver du « bon » soutien émotionnel : exprimer et parler permet de sortir ses pensées de soi.  N’hésitez pas à communiquer avec votre entourage en privilégiant des personnes qui sauront vous écouter sans projeter leur propre peurs sur votre situation. Favorisez les personnes qui vous sécurisent plutôt qui vous insécurisent : ça vaut dans les moments de transitions comme dans la vie.

3) Augmenter les moments de relaxation : Cela peut paraître absurde d’imaginer s’octroyer un moment de relaxation durant les périodes de crises et d’urgence (où tout va vite, où on a une charge mentale à gérer conséquente), en réalité cela permet c’est vital. Faire une pause et de se remettre à zéro lorsqu’on est anxieux, surmené, incertain, fatigué va vous aider à diminuer la tension émotionnelle et retrouver plus de stabilité dans l’instabilité. Comment ? méditation, respiration en cohérence cardiaque, musique agréable ou simplement : relâcher ses épaules et desserrer sa mâchoire plusieurs fois dans la journée, souvent contractées lorsqu’on est tendu ou fatigué). La relaxation nous offre plus de stabilité émotionnelle qui, à son tour, augmente notre capacité d’adaptation : on assimile et gère mieux tous les changements en cours dans les périodes de transition.

4) Hiérarchiser les différents types de changements à venir (qu’ils soient petit ou grand), définissez ceux sur lesquels vous avez un moyen d’agir et ceux qui sont hors de votre contrôle : cette technique permet de trier ses peurs et de les diminuer. Comment ? prenez une feuille blanche et noter tout ce qui vous fait peur, les étapes, choses ou projets pour lesquels vous vous inquiétez. Faite un tableau avec une case « contrôle » et une autre « absence de contrôle » et ranger ces peurs. Observer ce que vous avez noter avec un peu de hauteur et apprenez à lâcher prise avec les peurs se trouvant dans la seconde case.

Transition et accompagnement

Nous ne sommes pas tous égaux face au changement et encore moins lorsque nous vivons plusieurs transitions de vie de manière simultanées (changement d’emploi et séparation, arrivée d’un enfant et déménagement, etc.). Dans ce type de situations, le stress est parfois plus important et peut s’ajouter au manque de soutien des proches, à un sentiment d’isolement, à un niveau d’anxiété important, etc. Ces transitions peuvent générées parfois de la détresse émotionnelle et de la souffrance. 

Lorsque l’on se sent submergé émotionnellement par ces périodes de profonds changements, se faire accompagner est parfois la meilleure des solutions. Parler avec un professionnel (psychologue, psychothérapeute, professionnel des transitions, etc.) vous aidera à :

    • Trouver le soutien dont vous avez besoin et en vous-même,
    • Exprimer vos émotions sans jugement et de manière sécurisée, les identifier et les apaiser,
    •  Clarifier ce que vous vivez grâce à un bilan, un travail d’acceptation, de distanciation et la mise en place de pistes pour mieux vivre ces changements,
    • Définir vos projets et les moyens d’actions dont vous avez besoin pour les réaliser.
      • Trouver des outils adaptés pour vous rassurer, vous (re)motiver, vous apaiser et pour à (re)mettre du sens dans votre existence.
      • Il faut simplement être prêt à s’engager envers soi pour apprendre à vous accompagner et à installer dans votre vie les outils transmis par le professionnel. 

    Un conseil : plus tôt que d’attendre d’être épuisé émotionnellement, tentez d’identifier les signes que vous envoient votre corps et vos pensées et demander de l’aide. N’oubliez pas : c’est humain.

    Sophie Thibauville

    Dr. en psychologie
    Experte en transition de vie et en bien-être émotionnel

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